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La vie économique intense de l'Azerbaïdjan aux IXe
et Xe siècles qui se trouvait sur l'un des principaux
chemins caravaniers entre le Sud et le Nord est caractérisée par
un phénomène économique nouveau à l'époque «la crise de l'argent»
dans la circulation monétaire des pays du Proche-Orient, y compris
en Azerbaïdjan, lorsque au XIe — début du XIIIe
siècle au plein épanouissement de la renaissance orientale, l'argent
qui devenait de plus en plus rare est remplacé de préférence par
le cuivre pour battre les monnaies.Les pièces en cuivre des collections
dont dispose la numismatique azerbaïdjanaise permettent de confirmer
toute une série de faits sur des pages inconnues de l'histoire sociale
et politique de l'Azerbaïdjan à l'époque du grand Nizami Ghiandjevi.
L'invasion mongole a stoppé pour longtemps la renaissance
azerbaïdjanaise, mais la vie économique a repris petit à petit un
cours plus actif. Ainsi, un siècle plus tard on comptait en Azerbaïdjan
près de 30 ateliers de frappe (Alindja, Ardebil, Aresh, Astara,
Babi, Bazar, Bakou, Baïlakan, Barda, Ghiandja, Gheshtasbi, Derbent,
Kabala, Kar-kar, Kara-agatch, Kara-bag, Mahmudabad, Maraga, Nakhitchevan,
Ordubad, Salmas, Tabrîz, Chabran, Chemakha, Khoï, Urmija), ce qui
témoigne du haut niveau de développement des villes et des relations
commerciales et monétaires. Les pièces de monnaies battues par les
envahisseurs dans ces villes reflètent la situation politique, sociale
et économique en Azerbaïdjan au XIVe siècle.
Un nouvel épanouissement de la culture et de l'économie
en Azerbaïdjan se rapporte aux XVe et XVIe
siècles. Les shahs de Chirvan s'efforçaient de maintenir la paix
dans la partie nord de l'Azerbaïdjan. Les produits agricoles y abondent
et les pièces de monnaie tenga à haute teneur des shahs de Chirvan
circulent dans l'ensemble de la Transcaucasie et jouent le rôle
d'un moyen de paiement généralisé. Par contre, au sud du pays en
Arran et Azerbaïdjan naissent l'un après l'autre une série d'Etats
sous l'égide de dynasties de langue turque (Kara-kojunlu, Ak-kojunlu,
Safavides) qui battent une monnaie d'argent et même d'or. Après
la naissance, tout au début du XVIe siècle, de l'Etat
des Safavides apparaissent des conditions objectives pour le développement
de forces productives et de valeurs spirituelles. Le système monétaire
des Safavides est basé sur une unité lourde d'argent de 9,4 g qui
dans un certain sens se devait de refléter la puissance politique
et économique de cet Etat.
Cependant à la fin du XVIe siècle les longues
guerres avec les Osmanides à l'ouest et les Chéïbanides à l'est
réduisent la puissance des Safavides. Malgré un regain d'activité
dans la première moitié du XVIIe siècle,lorsque l'on
adopte l'abbassi, une monnaie nouvelle de 7-8 g, les Safavides sont
remplacés par les Afsharides. Cette période troublée de l'histoire
de l'Azerbaïdjan pleine de guerre et conflits féodaux est fort bien
reflétée par les nombreuses caches comportant des pièces de monnaies
en argent du XVIIIe siècle des Safavides, Osmanides,
Afsharides et Babourides, parfois absolument neuves, sans aucune
trace d'usure.
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